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Marche sur l’Elysée - Santé

Les parlementaires communistes mobilisés pour la Santé dans les Hauts-de-France

Depuis quelques mois, les parlementaires communistes du Nord se mobilisent pour faire remonter à l’Elysée les besoins des Hauts-de-France.
Cette mobilisation, associée au Tour de France des Hôpitaux organisé par les deux groupes parlementaires, leur a permis de visiter de nombreux centres hospitaliers, et de constater les ravages de la politique de réduction des coûts dans notre service public de la santé.

Aussi, les cinq parlementaires, Fabien Roussel et Alain Bruneel, députés du Nord, Michelle Gréaume et Éric Bocquet, sénateurs du Nord et Dominique Watrin, sénateur du Pas-de-Calais, ont écrit à la Ministre de la Santé Agnès Busyn pour lui faire part de leurs inquiétudes à ce sujet.


Madame la Ministre,

Depuis de trop nombreuses années, nous, parlementaires et élus locaux des Hauts-de-France, attirons l’attention des gouvernements successifs sur la gravité de l’état sanitaire de notre région.

Nous avons répété à l’envi qu’ici, l’espérance de vie était bien inférieure à la moyenne nationale, que le territoire était marqué par une surmortalité et par des niveaux records de cancers, d’obésité, de diabète. Nous avons sans cesse alerté les autorités nationales sur l’état de santé de la population des Hauts-de-France, et notamment du Nord – Pas-de-Calais.

Ce constat, nul ne pouvait le contester, tant les chiffres et statistiques officiels étaient alarmants. Pour autant, aucune mesure d’ampleur n’a été engagée pour remédier à cette situation dramatique.

Selon un responsable hospitalier, « l’écart entre les Hauts-de-France et le reste du pays ne se réduit pas, voire augmente ».

Nos cris d’alerte trouvent aujourd’hui une nouvelle résonance avec la venue dans la région de l’Académie nationale de médecine. Professionnels de santé de tous les secteurs ont ainsi mesuré l’ampleur d’une situation sanitaire déplorable, pourtant bien connue des praticiens installés sur le territoire.

Nous ne doutons pas que les conclusions de l’Académie nationale de médecine conforteront nos observations.

Refusant d’admettre qu’un habitant des Hauts-de-France soit condamné à mourir plus tôt qu’un concitoyen d’une autre région, nous vous demandons instamment d’engager un plan d’urgence visant à contrarier durablement la tendance actuelle, notamment en dotant les hôpitaux publics de moyens humains à la hauteur des besoins de la population, en engageant une politique résolue de lutte contre l’apparition ou l’aggravation des déserts médicaux ou encore en développant massivement la médecine préventive, notamment en direction des plus jeunes et du monde du travail.

Il est par ailleurs indispensable d’abandonner la primauté d’une logique comptable qui s’exprime trop souvent au travers des décisions de l’Agence régionale de santé (ARS), trop peu à l’écoute des besoins des femmes et des hommes de ce territoire.

Persuadés que vous prendrez en considération ce courrier qui ne saurait rester une alerte sans suite, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Eric Bocquet, Alain Bruneel, Michelle Gréaume, Fabien Roussel et Dominique Watrin


France 3 et l’AFP ont salué cette initiative, qui intervient quelques jours après le signal d’alarme envoyé par l’Académie de médecine sur l’espérance de vie dans les Hauts-de-France dans un article à lire ci-dessous.

Plusieurs jours après le signal d’alarme envoyé par l’Académie de médecine sur l’espérance de vie dans les Hauts-de-France, cinq parlementaires du Nord et du Pas-de-Calais ont interpellé le gouvernement.

Cinq parlementaires communistes des Hauts-de-France ont interpellé jeudi la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur la "gravité de l’état sanitaire" de la région, réclamant un "plan d’urgence" après le cri d’alarme lancé par l’Académie nationale de médecine, réunis à Lille en début de semaine.

"Refusant d’admettre qu’un habitant des Hauts-de-France soit condamné à mourir plus tôt qu’un concitoyen d’une autre région, nous vous demandons instamment d’engager un plan d’urgence visant à contrarier durablement la tendance actuelle", écrivent-ils dans une lettre adressée à la ministre

Il s’agit de Fabien Roussel et Alain Bruneel, députés du Nord, Michelle Gréaume et Éric Bocquet, sénateurs du Nord et Dominique Watrin, sénateur du Pas-de-Calais. Les élus rappellent dans leur lettre que l’espérance de vie y est bien inférieure à la moyenne nationale, et que le territoire est marqué par une surmortalité et par des niveaux records de cancers, d’obésité, de diabète.

Ce courrier intervient au lendemain du colloque tenu à Lille par l’Académie nationale de médecine, qui a poussé un cri d’alarme.

Fabien Roussel
Même l’Academie Nationale de Medecine, en visite dans les Hauts de France, réclame un plan de rattrapage pour notre région où l’espérance de vie est la plus courte de France. MME la Ministre, entendez nous ! Les économies ici, ça suffit ! @agnesbuzyn #hopitaux #DirectAN

L’espérance de vie dans les Hauts-de-France aujourd’hui, c’est l’espérance de vie de la France en 2003.

"Les Hauts-de-France ont l’espérance de vie, pour les hommes et pour les femmes, la plus basse de France, ce qui nécessite une prise de mesures particulières pour cette région, afin qu’un investissement particulier soit fait, à la fois de l’État, à la fois de la Région, et à la fois aussi de secteurs privés", a insisté dans une vidéo mis en ligne Gérard Dubois, membre de l’Académie de médecine et chef du service de santé publique à l’hôpital d’Amiens.

"L’espérance de vie dans les Hauts-de-France aujourd’hui, c’est l’espérance de vie de la France en 2003. Il y a donc un écart de 15 ans dans l’histoire. Cet écart, il faut absolument le rattraper, pour le rattraper, il faut le vouloir et s’organiser", a-t-il conclu.

L’abandon d’une "logique comptable"

Déplorant "la gravité de l’état sanitaire" de la région, les parlementaires demandent des moyens supplémentaires pour les hôpitaux, la lutte contre les déserts médicaux et le développement de la médecine préventive.

"Il est par ailleurs indispensable d’abandonner la primauté d’une logique comptable qui s’exprime trop souvent au travers des décisions de l’Agence régionale de santé (ARS), trop peu à l’écoute des besoins des femmes et des hommes de ce territoire", ajoutent-ils.

Invité sur notre plateau mercredi, le secrétaire perpétuel de l’Académie Nationale de Médecine Daniel Couturier expliquait que "les courbes de longévité en France et dans les Hauts-de-France évoluent de la même façon : c’est-à-dire que le gain de l’espérance de vie augmente aussi, mais il y a un décalage négatif."

Selon les données de l’Académie de médecine, l’espérance de vie à la naissance d’une femme est de 83,1 ans dans les Hauts-de-France contre 85 ans dans l’ensemble de la France. Pour les hommes, elle est de 75,8 ans dans la région, contre 78,5 ans à l’échelle nationale.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/medecins-parlementaires-alertent-gravite-etat-sanitaire-hauts-france-1490725.html


Le Figaro y consacre également un article.