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Éric Bocquet

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Actualité

Groupe d’amitié France-Irlande

Rencontre avec l’Ambassadrice d’Irlande en France

Ce mercredi 23 mai avait lieu une rencontre des membres du groupe d’amitié France/Irlande au Sénat avec Madame Patricia O’Brien, Ambassadrice de la République d’Irlande.

Cette rencontre a permis d’échanger sur les conséquences du Brexit britannique pour l’Irlande, et sur le référendum du 25 mai prochain sur l’avortement.

Par ailleurs, Madame l’Ambassadrice a confirmé sa venue le samedi 20 Octobre à Herlies. Ce jour-là sera inaugurée la stèle commémorant la bataille du Pilly (19 et 20 Octobre 1914) où 171 soldats irlandais du Royal Irish Regiment perdirent la vie. Un article de La Voix du Nord est consacré à cet événement, que vous pourrez découvrir plus en détail, et vous pourrez trouver plus de renseignements sur http://www.herlies.fr/herlies-torique_fr.html.

On en sait plus sur la stèle qui s’élèvera bientôt pour commémorer la bataille du Pilly

C’est une bataille du début de la guerre 14 qui a été un peu oubliée, décimant environ 170 soldats irlandais au lieu-dit le Pilly. Un monument va être érigé pour s’en souvenir. Il vient d’être choisi par les élus.

Un article de Raphaëlle Remande - Le 11/05/2018

Quand Yvon Papeghin, président de l’association HerlieS’torique le raconte, on a l’impression de vivre la scène. Des gamins irlandais, l’ordre de monter à l’assaut. 800 mètres de champs de navets à traverser à découvert. Et les combats, dont certains se terminent à la baïonnette. Le 19 octobre 1914, le Pilly est pris aux Allemands. Dans la course à la mer qui marque le début de Grande Guerre, ce sera le point le plus avancé. Courte avancée.

D’après le plan des états-majors, les soldats irlandais devaient être rejoints. Des renforts qui n’arriveront jamais, pilonnés par l’artillerie allemande. Abandonné sur la plaine des Weppes, encerclé par les Allemands, la cause de ce bout de régiment, le « Royal irish regiment », est perdue. Sur environ 800 soldats, plus de 300 seront faits prisonniers, près de 200 périront. Des corps qui sont là encore, sans doute, sous les champs.

Trois stèles dans la plaine
L’histoire avait été complètement oubliée jusqu’à ce que l’association évoque le sujet lors d’un bistrot histoire. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ses membres découvrent qu’en Irlande, on cherche « le Pilly » croyant qu’il s’agit d’un village détruit. Et à Herlies, il n’y a pas eu de transmission de cette histoire, sans doute car toute la population avait fui (97 % du village a été détruit). « La bataille était connue par les spécialistes, mais inconnue dans la mémoire collective », pointe Yvon Papeghin.

L’histoire est si fascinante que la commune a décidé de construire un site de mémoire. Il s’agit du lieu qu’on voit à l’entrée du village en venant de Fournes-en-Weppes. La commission Histoire du conseil vient de choisir le tailleur de pierre, Frédéric Cassarano, qui réalisera la stèle. Il s’agira de trois monolithes de deux mètres de haut (trois, comme les trois jours de la bataille), en pierre bleue, présentant deux soldats encadrant un texte. Des silhouettes surgies de la plaine, pour rappeler le passé. « On voulait que la dimension artistique soit présente, que ça devienne un lieu qui ait du sens », commente Catherine Catteau, élue et membre de HerlieS’torique.

Le travail reste à affiner – il y aura également de la signalétique et une table d’orientation –, mais on sait déjà que le monument sera inauguré lors de la commémoration de la bataille, le 20 octobre prochain. Un événement qui devrait marquer la vie locale puisque de nombreux Irlandais sont (déjà) attendus.

Des tour-opérateurs et une plaquette touristique
Entre Herlies et l’Irlande, de nombreux liens sont en train de se créer. Un journaliste, Ronan McGreevy, s’est passionné pour l’histoire, a écrit un livre sur le Royal Irish regiment, et a monté des tour-opérateurs de voyages de mémoire, qui passent notamment par Herlies. « On a régulièrement des Irlandais qui viennent, tout un bus parfois », pointe Yvon Papeghin.

L’association HerlieS’torique a, elle, mis au point des parcours d’environ 5 km, sur les traces de la bataille. Des balades commentées ont déjà été organisées. L’association travaille actuellement à une plaquette. Le document, en français et en anglais sortira ces prochaines semaines. Puis, ce chemin de mémoire sera balisé. « Le Pilly peut devenir l’un des rares sites qui rappelle la course à la mer, un épisode qui a fait quasiment autant de victimes que le reste de la guerre », souligne Yvon Papeghin.

Renseignements sur http://www.herlies.fr/herlies-torique_fr.html.

« Une histoire qui fait écho à celle de Fromelles »
Un bain de sang. Des soldats enterrés sur place. Et, à l’étranger, des familles émues, prêtes à repartir sur les traces de leurs ancêtres, dans un souci de devoir de mémoire.

Entre l’histoire de Fromelles – le village le plus connu en Australie pour sa terrible bataille, en 1916, qui a vu périr plus de 1 500 soldats –, et celle du Pilly à Herlies, à 3 km, il y a beaucoup de similitudes. Bien sûr, à Herlies il y a eu moins de morts et surtout, on n’a pas (encore) retrouvé les corps. « Les Allemands, pour des raisons techniques et sanitaires les ont très vraisemblablement enterrés sur place. On les retrouvera peut-être », estime Yvon Papeghin.

Pour lui, Fromelles et le Pilly se font même écho sur le plan historique. « Je dis souvent en boutade : si les Irlandais avaient gagné au Pilly, il n’y aurait pas eu Fromelles. L’histoire fait écho à celle de Fromelles car le Pilly, c’est la guerre de mouvement. Fromelles, c’est l’autre versant, la guerre de position. »