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Éric Bocquet

Michelle Greaume Découvrir la sénatrice
Actualité

Communiqué

Revalorisation des retraites agricoles : soirée noire pour la démocratie et les agriculteurs

Comme le 7 mars dernier, le gouvernement a décidé de bloquer la proposition de loi de notre groupe communiste citoyen, républicain et écologiste (CRCE) permettant la revalorisation des retraites agricoles à 85 % du SMIC, en utilisant à nouveau la procédure du vote bloqué prévu par l’article 44-3 de la Constitution.

Cette procédure inédite ne permet pas au parlement de s’exprimer librement sur une proposition de loi puisque c’est un véritable chantage qui est mis en place. Ou la réforme est acceptée mais seulement en 2020 ou la proposition de loi est simplement rejetée. Cela, alors même qu’elle avait été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale en 2017 et à l’unanimité de la commission des affaires sociales du Sénat en mars dernier.

Le gouvernement n’a apporté aucun argument pour contrer cette proposition de loi qui apportait une bouffée d’oxygène aux retraités agricoles, qui permettait de manière immédiate une revalorisation de leur retraite de 100 euros par mois Le financement prévu était une taxe sur les transactions financières à hauteur de 0,1 %. Au contraire, il a fait le choix de laisser près de 250000 agriculteurs retraités sous le seuil de pauvreté.

Pourtant cette unanimité sur une proposition de loi n’est pas le fruit du hasard. Elle est le constat que le monde agricole, ce monde qui nous nourrit, ne peut plus attendre !

Aujourd’hui, c’est la quasi-unanimité de la majorité des groupes politiques, à l’exception la République en marche, qui est bafouée, et c’est la dignité des retraités agricoles qui est niée. Pourtant, la Nation leur doit une reconnaissance, une prise en compte de ce grand effort.

Le gouvernement assume avec cynisme son mépris face à la détresse de nos concitoyens.

Ce même mépris de l’Exécutif à l’égard du Parlement à l’heure où le Président de la République a annoncé une réforme constitutionnelle d’envergure de nos institutions. Le pseudo renforcement de l’efficacité du travail parlementaire et de la productivité législative, ne sont que des mots creux : le sabotage de cette proposition de loi le démontre. Loin de revitaliser notre démocratie, le gouvernement musèle le Parlement et persiste à creuser le fossé entre les citoyens et les élus.

Nous resterons mobilisés pour défendre le monde agricole et le droit à une retraite digne.