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Big Brother…

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 5 avril 2019

Chacun connaît sans doute cette expression tirée du roman de George Orwell « 1984 », « Big Brother is watching you », le grand frère te surveille, littéralement. Ce roman fut publié en 1949. Big Brother, dans cette œuvre, c’est l’image de ce régime policier et totalitaire de la société de la surveillance ainsi que de la réduction des libertés. 70 ans plus tard, nous sommes arrivés à l’âge du capitalisme digital, le monde du numérique qui, au fond, même si c’est apparemment avec l’assentiment des humains, contrôle chacun et chacune d’entre nous.

Je viens de lire un article d’un quotidien britannique consacré à ce sujet. Le numérique a clairement pris, en quelques années, une place considérable dans nos vies quotidiennes et au-delà.

En 2016, ce sont chaque minute 347 000 tweets qui furent échangés, en 2017, 450 000. Cette même année, 3.5 millions de recherches sur Google, 2,4 millions l’année précédente. Entre ces deux années, nous sommes passés de 150 millions à 156 millions de courriels et à 16 millions de textos, tout cela, les amis, chaque minute.

L’article cité pointe et analyse cette révolution qui n’est pas que technologique, le journaliste la compare à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1439. Cette invention technique contribua à la genèse de la Réforme, affaiblit l’autorité de la puissance de l’église catholique de l’époque.

Le numérique engendre une espèce de capitalisme de la surveillance. Toutes les informations et données que nous fournissons gratuitement sur les réseaux se transforment en matière marchande pour la publicité. La maîtrise de ces milliards d’informations par les GAFA* leur donne une puissance inégalée dans l’histoire.

Un spécialiste du sujet explique dans l’article  : « la démocratie s’est assoupie pendant que le capitalisme de la surveillance a amassé des concentrations sans précédents de savoir et de puissance. Ces dangereuses asymétries sont institutionnalisées dans leurs monopoles de la science des données, leur domination de l’intelligence artificielle… »
Ils organisent une sorte d’annexion de l’expérience humaine. Selon cet article, le but ultime est de nous transformer en automates. Il n’y a aucune violence apparente dans ce processus, c’est tout à fait « volontairement » que nous apportons gratuitement nos données à ces mastodontes.

Pas de diabolisation dans mon esprit, ils sont, comme la langue d’Esope, la pire et la meilleure des choses. Il suffit, en fait, d’en prendre conscience…

*GAFA  : Google, Apple, Facebook, Amazon