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Éric Bocquet

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« El pueblo unido jamàs serà vencido… »

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 8 novembre 2019

(Le peuple uni ne sera jamais vaincu)

Beaucoup d’entre nous se souviennent sans doute de cette chanson du groupe chilien « Quilapayun » sortie en 1973 au moment du coup d’État de Pinochet au Chili. Elle devint le chant de toute la gauche qui résistait à l’époque, ces paroles traversèrent les océans… Plus de 45 années plus tard, les rues de Santiago s’enflamment à nouveau. Les Chiliens, comme d’autres peuples du monde, se révoltent. Après l’augmentation du prix du ticket de métro, ça paraît disproportionné, non  ? Mais comme l’affirme un slogan en vogue dans les rues de Santiago  : « ce ne sont pas 30 pesos, ce sont ces trente dernières années ».

Dès 1975, le dictateur Pinochet fut un serviteur zélé du néolibéralisme, aux côtés de sa grande amie Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Le Chili est devenu un paradis parfait pour les multinationales et les fortunes du monde. Les inégalités se sont considérablement aggravées, en 2017, 1% des plus fortunés détenaient à eux seuls 26,5% des richesses nationales tandis que 50% des foyers n’en détenaient que 2,1%.

Une excellente interview de Carmen Castillo, dans l’Humanité récemment, illustrait parfaitement cette situation. Les multinationales possèdent tout, la terre, les montagnes, les océans. Le mouvement déclenché par l’étincelle de la hausse du prix du ticket de métro marque le refus du peuple chilien de subir davantage des conditions de vie indignes. C’est une explosion sociale, nous explique-t-elle, nationale, populaire, contre un système qui a cru pouvoir régler les affaires de la société par le marché.

Impossible de ne pas faire le lien avec ce qui s’est passé en France, il y a un an, la hausse des taxes sur le carburant a déclenché le mouvement des gilets jaunes… Carmen Castillo décrit le Chili comme un laboratoire du néolibéralisme, le soi-disant ruissellement n’est jamais arrivé…

Monsieur Macron, avez-vous pris des nouvelles de Santiago récemment  ? Ce que vous préconisez ici n’a marché nulle part ailleurs… Ce commentaire de François Lenglet dans le Figaro du 23 octobre  : « la crise sociale mondialisée et les risques de crise financière annoncent la fin d’un cycle libéral ». Il me semble que c’est plus que la fin d’un cycle mais ça ne se décrète pas.

Allez, pour finir, on reprend tous en chœur « El pueblo unido jamàs serà vencido… »