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Chronique

Incroyable mais vrai

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 23 novembre 2018

Je vais vous conter cette semaine une histoire de la dette de la Sécurité Sociale de notre pays. Nous allons parler gros sous et ceci nous concerne tous et surtout tous les salariés de ce pays, 9,4 millions de cotisants. Les cotisations sociales des affiliés, soit la somme rondelette de 400 milliards d’euros par an.

Ces sommes sont collectées par les unions pour le Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’allocations familiales. Les URSSAF, elles, se décomposent de la manière suivante : 255,7 milliards pour les entreprises du régime général secteur privé, 50 milliards pour le secteur public, 21.7 milliards pour les autres. Une somme de 145,1 milliards est encaissée directement par l’ACOSS (Agence centrale des organismes de sécurité sociale).

Le déficit et l’absence de réserves amènent l’ACOSS à chercher des financements sur les marchés financiers depuis 2006, elle gère 2 383 milliards de flux de trésorerie. 93% des financements se font via les marchés financiers.

Comme pour la dette de l’Etat, l’organisation a recours aux SVT (Spécialistes en Valeur Trésor). Qui sont-ils ? Les voici : Bank of America, Barclays Bank, Crédit Agricole, Crédit Suisse et Royal Bank of Scotland, en anglais on les désigne sous le nom de « dealers », c’est le terme technique, garanti, ça ne s’invente pas.

Les titres de dettes de la Sécu sont donc placés sur les marchés financiers… Les agences de notation, qui évaluent les risques de non remboursement, accordent à ces titres, ces produits, des notes excellentes, vous pouvez les acheter sans crainte. Et pour cause, les cotisants, c’est fait pour cotiser, un point c’est tout, et la France ne va pas s’écrouler demain, on peut lui faire crédit sans risque.

Ainsi, fin 2018, 155 milliards auront été amortis dont 52 milliards qui ont servi à payer les intérêts à nos créanciers. Or, j’apprends par le biais d’un document interne de l’ACOSS que le « chef de file » de toutes ces opérations financières n’est autre que la banque suisse UBS limited… oui, vous avez bien lu, UBS ! Cette banque mise en procès ces dernières semaines par la justice française pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée ». Le verdict est attendu pour le 20 février 2019…

Oui, les marchés financiers sont partout. Encore un scandale à dénoncer !