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Chronique

L’ISF est-il vraiment mort et enterré ?

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 26 juillet 2019

On connaît le fossoyeur de l’ISF, Emmanuel Macron, et l’entreprise de pompes funèbres également, La République En Marche. Le débat n’a pas quitté les ronds-points et les manifestations du samedi, depuis novembre. Jupiter a tranché, mais je ne suis pas sûr du tout que la question ne ressurgisse pas dans les prochains mois et prochaines années. Il est évidemment un peu trop tôt pour faire le bilan de cette décision idéologique en termes de ruissellement et de dynamisme économique. Toutefois, un article du dernier « Challenges », évoqué ici-même il y a quelques temps, nous donne déjà quelques précieuses premières tendances.

Un rapport d’étape sera fourni au Parlement avant l’examen du projet de budget pour 2020. On sait déjà que les dons caritatifs, jusqu’alors défiscalisés, ont chuté de moitié (moins 150 millions). Deux sondages récents confirment que l’élan vertueux au service de l’économie productive se fait attendre.

Interrogés sur l’utilisation des sommes libérées, les « ISF » ont répondu qu’ils en ont d’abord profité pour consommer plus… du beurre, des yaourts, du sucre, du café  ? Non non, pas du tout. Un beau voyage, une œuvre d’art… puis ils les ont consacrées à de l’épargne classique (bourse, assurance vie…). Ils sont bien moins nombreux à mentionner les avoir placées en entreprise. Une frilosité qui se justifie par la défiance envers la redoutable instabilité fiscale française, selon un notaire bien en vue. « Beaucoup de riches craignent la volte-face. J’en connais même qui ont mis la somme économisée sur un compte bancaire en cas de retour de l’ISF ». Vous voyez bien qu’ils ne sont absolument pas sûrs d’eux  !

Selon M. David Thesmar, économiste américain de Boston et membre du comité d’évaluation qui a étudié les effets de la suppression des impôts sur la fortune dans d’autres pays (Danemark depuis 1996, Allemagne depuis 1997, Suède depuis 2007)  : « Il n’y a aucune démonstration d’un effet positif visible et traçable sur l’économie ». Et puis ce commentaire de M. Dumontet, propriétaire de sept théâtres parisiens et éminence grise d’Emmanuel Macron, « cet impôt était spécialement nocif dans notre petit pays, cerné de voisins plus fiscalement cléments où peuvent se réfugier nos riches en restant à deux heures de TGV… ».

Deux heures, oui Londres, Genève, Bruxelles… Vive l’Europe fiscale  !