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Industrie

La reprise d’Ascoval par Altifort validée par le Tribunal de Commerce

La décision du Tribunal de commerce de Strasbourg de valider l’offre de reprise d’Ascoval par le groupe Altifort met fin à plusieurs mois d’incertitudes, de craintes pour les quelque 300 salariés et leurs familles, la cinquantaine d’entreprises sous-traitantes et pour l’avenir de cette entreprise ultra moderne à la pointe de la production d’aciers spéciaux dans notre pays.

L’amorce d’une reconquête industrielle  ?

Cette victoire est à mettre à l’actif de la mobilisation commune des salariés, des élus nationaux, régionaux, locaux, de la population et d’Altifort qui a contraint l’Etat à s’engager pour qu’une solution pérenne soit trouvée.

Sur les 152 millions nécessaires au bouclage du dossier, 25 sont apportés par l’Etat, 12 par la Région-Hauts-de-France et 10 par Valenciennes Métropole. Soulignons aussi les efforts consentis par les salariés pour sauver « leur usine », leur esprit de responsabilité et leur combativité.

La lourde responsabilité de Vallourec

Les obstacles n’ont pas manqué.
En premier lieu, l’irresponsabilité totale de Vallourec, à la fois principal client et actionnaire à 40% d’Ascoval qui a refusé de mettre la main au porte-monnaie pour garantir la viabilité du projet porté par Altifort. Les choix stratégiques et financiers hasardeux du leader mondial des tôles et aciers, les investissements périlleux dans les pays émergents avec, à la clé, la suppression de plusieurs usines et 5 000 emplois en Europe posent question. Tout comme le rôle de l’Etat. Actionnaire à 16% de Vallourec, financeur par l’intermédiaire de la BPI (Banque publique d’investissement), il aurait dû mettre la direction face à ses responsabilités.

Seule la mobilisation forte et unitaire a permis d’éviter une nouvelle capitulation industrielle. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Le maintien de l’activité d’Ascoval n’est pas qu’affaire de justice, voire de compensation vis à vis des salariés, des populations, d’élus et d’un territoire touchés la crise.

Un Etat stratège et visionnaire pour l’industrie du futur

C’est une victoire utile pour l’indispensable reconquête industrielle dans notre pays, sans laquelle il est illusoire penser résoudre les problèmes économiques, sociaux, écologiques auxquels nous sommes confrontés.

Le recul de l’industrie a tiré toute l’économie et la société vers le bas. Un emploi dans les services est rémunéré 20% de moins qu’un emploi industriel.
L’industrie doit donc occuper une place centrale dans la relance économique et sociale, une industrie moderne qui intègre les préoccupations environnementales, sociales, le respect des territoires et des Hommes.

Il s’agit de passer à des activités et emplois industriels nombreux, plus qualifiés, durables, sur des bases technologiques nouvelles.

Cela implique de s’affranchir des contraintes de l’unique rentabilité financière et de développer une politique publique forte et volontariste autour d’un Etat qui doit redevenir stratège et visionnaire.