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« Une politique pour le peuple »

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 29 mai 2020

Est-ce le titre du prochain éditorial de Liberté Hebdo ou de l’Humanité  ? Vous n’y êtes pas du tout, vous lirez cette phrase sur la une du Journal du Dimanche du 26 mai dernier. Photo pleine page, Gérald Darmanin avec ce titre  : « L’offensive Darmanin ». J’ai l’impression que ce week-end de l’Ascension était, pour l’intéressé, le moment privilégié de son ascension personnelle vers les plus hautes sphères du pouvoir politique.

Sur toutes les chaines, samedi soir, des images de son élection à Tourcoing, il n’était, au fond, que l’un des 30 000 maires installés cette semaine en France. Quatre pages entières dans le JDD de cette semaine et enfin il est l’invité de l’émission politique « Le grand jury » sur LCI et RTL dimanche midi. Cela s’appelle effectivement une offensive  ! Voilà pour la forme, voyons pour le fond. Chapeau bas, c’est du grand art, il ne manque aucun ingrédient à ce cocktail politicien d’une ambition démesurée.

M. Darmanin, membre éminent d’un gouvernement qui a décidé la suppression de l’ISF, limité la taxation sur les dividendes, baissé les APL pour les locataires, augmenté la CSG des retraités du pays, déclare aujourd’hui dans l’interview, sans complexes  : « Il faut une politique pour le peuple », avec gaz lacrymogènes et LBD  ?

Gérald Darmanin veut aussi donner la priorité à la réduction des inégalités en réinventant la participation, cette idée chère au Général de Gaulle dont il se revendique. Plus loin, il répète  : « Il faut mener une politique pour le peuple, réparer les inégalités sociales ». Cela s’appelle avoir de l’estomac ou de l’aplomb ou encore du culot… d’autres parlent d’audace. Couvrir tous les secteurs, veiller à tous les angles, pêle-mêle  : « Notre rôle n’est pas de contenter le patronat, le gouvernement respecte les entrepreneurs », réaffirmer sa fidélité et sa confiance aux autres, l’article dit  : « qu’il assure s’inscrire dans la continuité de l’action d’Edouard Philippe » (ne jamais froisser ses amis politiques)  : « Xavier Bertrand est un bon Président de Région ».

Pierre Corneille dans Le Cid, fait dire à Rodrigue  : « Je suis jeune il est vrai mais aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années ». M. Darmanin prend soin de rappeler ses origines modestes, déjà une bien longue carrière « en politique », avec Jacques Toubon, avec le député Christian Vanneste, avec David Douillet alors ministre des Sports. Elu député en 2012, maire de Tourcoing en 2014, il se rapproche de Xavier Bertrand dont il sera le directeur de campagne en 2015. Avec Nicolas Sarkozy en 2016, se détourne ensuite du candidat Fillon avant de rejoindre Macron, puis ministre en 2017… et demain  ?

Rodrigue as-tu du cœur  ?