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Voyage inoui

La chronique d’Eric Bocquet - Vendredi 8 février 2019

Chers amis lecteurs du vendredi, vous ne devinerez jamais où ce billet a été écrit. Je l’écris de quelque part, désolé je ne peux être plus précis, je me trouve à bord d’un TGV rentrant de Paris.

Le train est à l’arrêt, nous sommes le vendredi 1er février et je commence l’écriture de mon texte à 1h21. Je prends rarement autant d’avance sur cet exercice hebdomadaire mais cette fois je dois tuer le temps.

Nous avons quitté la gare du Nord à 22h20 hier soir, départ initialement prévu à 22h15 mais il nous a fallu attendre une correspondance de la gare Montparnasse. Vitesse réduite du fait de la neige. Arrêt avant d’entrer en gare d’Arras, l’aiguillage est gelé, franchissement impossible sans risque de dérailler.

Le conducteur doit quitter sa cabine et aider au déblaiement de l’aiguille, 30 minutes d’attente. Le contrôleur explique au micro qu’il y avait autrefois des bonbonnes de gaz dans les gares, désormais, leur stockage est interdit du fait du plan Vigipirate.

On finit par redémarrer. Une odeur de brûlé dans les voitures me chatouille les narines et le train s’arrête à nouveau, quelque part entre Hénin-Beaumont et Seclin… Message du contrôleur, le système de freinage a été endommagé par des blocs de glace que nous entendions effectivement se fracasser sur la tôle des voitures. Freinage d’urgence.

Le conducteur doit procéder à une vérification en marchant dans la neige, les deux rames font un kilomètre. Nouveau message, le conducteur a effectivement réparé une fuite dans le circuit principal de freinage, il va tenter d’effectuer la réparation lui-même sinon, nous dit le contrôleur au micro… quelques secondes d’hésitation, « nous proposerons d’autres solutions… » Lesquelles  ?

Nous sommes dans les champs… Il est 1h35, la fin de ce billet approche, la SNCF, bien malgré elle, m’a inspiré ce billet nocturne. Les voyageurs sont très calmes, compréhensifs.

Les cheminots ne sont, bien sûr, pas responsables de cette situation. Peut-être y a -t’il des moyens manquants pour la maintenance, l’investissement. Un matériel vieillissant, très sollicité, peut-être trop.

J’ai faim, je suis fatigué, impatient de récupérer la voiture pour rentrer. Il est 4h45, on redémarre mais on repart dans l’autre sens pour chercher un aiguillage afin de changer de voie, logique, la rame de tête en panne empêche la rame de queue de poursuivre son chemin… Vrai départ à 5h25, arrivée à Lille à 5h55… Alléluia  !

Tiens, voilà des médias qui me sollicitent, RMC, LCI, AFP, France 3 Nord Pas de Calais… je raconte et je vais me coucher.