Chroniques

Santé à domicile

Lors de la pandémie du Covid en 2020, plusieurs métiers furent désignés « métiers essentiels ».

Les professionnels de la santé faisaient évidemment partie de cette catégorie. Quatre années plus tard, j’ai eu l’occasion de rencontrer trois représentantes d’une organisation syndicale « Convergence infirmière ».

Elles m’ont raconté leur quotidien. Ils et elles sont au nombre de 125 000 en France, essentiellement des femmes, elles visitent quotidiennement des centaines de milliers de patients. Récemment, leurs forfaits de déplacement ont été revalorisés de 25 centimes d’euros, passant ainsi de 2,50 à 2,75 euros. Elles sont passées à côté des mesures de revalorisation du « Ségur de la Santé », le prix de leurs actes n’ont pas été actualisés depuis 15 ans.

Certaines voient 30 à 40 patients par jour, d’autres organisent leur temps de travail sur 3 ou 4 jours, ce qui les amènent à visiter 60 patients par jour, avec bien sûr les déplacements inhérents. En cas d’erreur dans leurs comptes, une pénalité de 10% leur est infligée par la Sécurité Sociale sur le chiffre d’affaires de l’année.

Elles évoquent aussi le pénibilité de leur travail, lorsqu’il s’agit de déplacer les patients, elles partent en retraite à 67 ans. Au bout, l’espérance de vie constatée dans la profession est inférieure de 7 ans à la moyenne nationale ; sans compter une certaine pénibilité psychique liée aux métiers de l’humain.

L’enjeu est évidemment celui du maintien à domicile. La santé est un enjeu fondamental dans une société développée digne de ce nom.

Enfin, le marché est aussi passé par là, les prix des petits matériels ont explosé, masques, gants etc… ce qui coûtait 50 centimes avant coûte aujourd’hui 7 euros.

Non, la santé n’a pas de prix !

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