Chroniques

Une journée, une réalité…

La semaine dernière nous a apporté dans la même journée deux nouvelles absolument hallucinantes. D’abord, dans Les Echos, le 7 octobre 2020, ce titre : « La fortune des milliardaires atteint des records avec la pandémie de COVID19 » et, dans Le Monde cette fois, à la même date, celui-ci : « La pandémie de COVID19 va faire basculer jusqu’à 150 millions de personnes dans l’extrême pauvreté ». Oui, c’est hallucinant ce résumé saisissant de la réalité du monde d’aujourd’hui.

On apprend ainsi que la fortune des milliardaires français a augmenté de 439% en dix années, oui, vous avez bien lu, quatre cent trente neuf pour cent ! Certes, la pandémie a bien occasionné quelques secousses pour les grandes fortunes, qui avaient chuté de 6,6% en l’espace de quelques semaines, entre février et mars. Les pertes ont ensuite été rapidement effacées grâce à un rebond de 27,5% entre avril et fin juillet, porté par la hausse des indices boursiers.

En fin de semaine, un rapport fut publié qui conclut dans ces termes : « Suppression de l’ISF, un échec politique. La réforme fiscale du début de quinquennat s’est accompagnée d’un fort accroissement de la fortune des 0,1% des Français les plus riches ». Nous avions toujours dit que cette suppression n’enterrerait jamais définitivement le sujet. M. Macron n’est plus le Président des riches, il est devenu le Président des ultra riches !

Rien de surprenant dans ce constat. L’excellent ouvrage de Jérôme Fourquet, déjà cité ici, « L’archipel français », nous éclaire de ce point de vue de manière fort opportune. Pendant sa campagne, le candidat Jupiter ne s’est pas beaucoup appuyé sur un jeune parti aux faibles moyens, beaucoup plus, en revanche, sur des réseaux issus des milieux de la banque d’affaires et de la finance.

Emmanuel Macron et le trésorier de son association de financement ne firent ainsi pas moins de six déplacements à Londres pour collecter des fonds auprès des expatriés français travaillant à la City.

De nombreuses places fortes de la finance furent ainsi « labourées ». La stratégie fut très payante car on constate que dans plusieurs pays, dès le premier tour, les scores ont été plus élevés dans les villes abritant des places financières qui sont des métropoles dans lesquelles une partie des expatriés français est employée dans ce secteur.

Les riches ont misé sur le bon cheval, ils savaient où ils mettaient les pieds… et leurs chèques !

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