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Communiqué

Pénuries de médicaments : l’État doit reprendre la main

Les pénuries de médicaments sont désormais courantes jusqu’à battre de nouveaux records ces derniers mois, obligeant parfois les malades à effectuer plusieurs dizaines de kilomètres pour trouver le traitement indispensable.

Si toutes les catégories de médicaments sont concernées, les plus anciens, dits matures, sont les plus touchés, car les moins rentables.

Voilà bien le cœur du problème. Je considère que la santé publique est incompatible avec les logiques de marché, de recherche du profit. Cette même obsession des marges bénéficiaires qui a conduit l’industrie pharmaceutique à fermer les sites de production en France et en Europe, délocaliser dans les pays aux coûts de main d’œuvre beaucoup plus bas et aux normes environnementales moins contraignantes.

C’est partant de ce constat, qu’avec mes collègues du groupe CRCE-K, nous avions proposé, dès 2020, avant même le Covid, la création d’un pôle public du médicament et des produits médicaux, texte rejeté par la majorité et la droite sénatoriale.

Toujours à l’initiative de notre groupe, une commission d’enquête sur la pénurie de médicaments et les choix de l’industrie pharmaceutique française s’est tenue et a rendu ses conclusions en juillet 2023.

Le rapport qui en est issu formule 36 recommandations, d’une part pour trouver d’urgence une solution au problème immédiat des pénuries, et d’autre part pour s’attaquer aux causes structurelles des tensions et ruptures. Il est reconnu par les professionnels du secteur pour sa qualité et les mesures de bon sens qu’il propose, au-delà de toute considération idéologique.

Dans ce contexte, la énième « feuille de route » présentée hier par le gouvernement apparait bien insuffisante. Elle consiste plus à s’accommoder de la pénurie, gérer les symptômes, qu’à traiter réellement les causes du problème, c’est-à-dire de véritables mesures structurelles pour atteindre l’objectif de souveraineté européenne en matière de médicaments.

Les pénuries forment un problème systémique qui n’a rien d’inéluctable pour peu qu’on travaille sans dogmatisme sur ses causes profondes : l’augmentation mondiale de la demande, l’inscription du médicament dans des logiques marchandes, la dépendance française et européenne, notamment en termes de principes actifs.

La santé n’est pas une marchandise, l’État doit reprendre la main sur les politiques du médicament et garantir l’accès aux médicaments pour toutes et tous.

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