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OpenLux : "le Luxembourg est un paradis fiscal au cœur de l’Europe"

Vous avez aimé les LuxLeaks ? Vous allez adorer les OpenLux.
C’est le nom d’un nouveau scandale d’évasion fiscale. Encore un.

Le résultat d’une enquête internationale menée pendant plus d’un an par seize médias, dont Le Monde, qui a passé les 140.000 sociétés immatriculées au Luxembourg au crible.

Suite aux relations d’"OpenLux", Eric Bocquet a été sollicité par les médias pour commenter les faits. Il a notamment répondu aux questions de Public Sénat, dans un article dont voici quelques passages :

  • « Je ne suis malheureusement pas surpris du tout », réagit le sénateur PCF Eric Bocquet, qui avait été rapporteur d’une commission d’enquête du Sénat sur l’évasion et la fraude fiscale. « Bravo aux journalistes, qui ont un rôle de lanceur d’alerte. Tant mieux, car ce n’est pas un travail mené par les autorités européennes », salue le sénateur du Nord. « Et vive la transparence », ajoute Eric Bocquet, « car c’est aussi le résultat de l’application, pour une fois, d’une directive européenne qui obligeait les Etats membres à créer des registres des propriétaires réels des sociétés. Cela faisait suite aux révélations des LuxLeaks et Panama papers ».
  • Pour Eric Bocquet, le sujet devrait être davantage au cœur du débat public, alors que les gilets jaunes évoquaient l’évasion fiscale lors de leurs manifestations. « Ce serait bien que le groupe de suivi sur la lutte contre la fraude fiscale, au sein de la commission des finances du Sénat, se penche sur l’affaire », avance le sénateur du Nord, selon qui la question entrechoque d’autres débats des dernières semaines. « Au moment où on entend chanter la petite musique de qui « va payer la dette covid ? », on voit que l’argent de la dette est à nos portes  », lance l’élu du groupe CRCE. Encore faut-il vouloir aller le chercher, quitte à renverser la table.
  • Que fait le gouvernement ? « Dans les discours, on a déjà entendu Bruno Le Maire manifester son courroux. Il a dit qu’il n’y aurait pas d’aide publique pour les entreprises qui auraient des entités dans les paradis fiscaux. Mais si on considère qu’il n’y a aucun paradis fiscal dans l’Union européenne, le discours s’arrête là. Mais il faut mettre fin à ce scandale », demande Eric Bocquet.
  • « La prégnance du lobby financier global, qui pèse énormément sur les Etats », peut expliquer cette inertie, selon Eric Bocquet. D’autant que « ce sont les marchés financiers qui les financent  ». «  Mais ce sont aussi les règles au sein de l’Union européenne. Il faut l’unanimité pour prendre une décision en matière fiscale. Si 26 Etats étaient d’accord, le seul Luxembourg pourrait bloquer. Il faudrait plutôt des coopérations renforcées, sans unanimité, et si des Etats décident d’y aller et de taper du poing sur la table, on y va », imagine le communiste. Pour le sénateur PCF, qui a écrit avec son frère un livre sur la fraude fiscale et les paradis fiscaux, « il faudrait regarder aussi Malte, Chypre et l’Irlande, dont la politique fiscale pose des questions. Ces Etats seront toujours opposés à toute harmonisation et transparence. Il y a les Pays-Bas aussi, dont la spécialité sont les holdings. La holding Renault-Nissan est aux Pays-Bas par exemple ». Et pour là encore, payer moins d’impôts.
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