Auditions en commissions

Commission des Finances

Soutenabilité de la dette publique : Eric Bocquet interroge sur la détention de la dette française

Mercredi 10 février 2021, une audition conjointe se tenait au Sénat, sur le thème de la "Soutenabilité de la dette publique". A cette occasion, Eric Bocquet a souhaité interroger les personnes auditionnées à travers deux questions, à découvrir en vidéo.

L’échange consistait en l’audition de :
M. Olivier BLANCHARD, économiste au Peterson Institute,
Mme Jézabel COUPPEY-SOUBEYRAN, professeur à l’École d’économie de Paris et maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
M. François ECALLE, président de l’association « Finances publiques et économie » (Fipeco) et chargé d’enseignement à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne,
et Mme Amélie VERDIER, directrice du budget.

Lire le texte de l’intervention

Merci monsieur le Président.

Une remarque et deux questions.

Je voudrais d’abord saluer l’initiative de la Commission des Finances d’avoir organisé ce débat, parce qu’on n’a jamais, de mémoire, débattu de la dette comme un sujet spécifique, alors que c’est un sujet important, même si on sait que l’ombre de la dette publique plane toujours sur nos débats budgétaires, notamment en loi de finances. Et malheur à celui qui déposera un amendement qui aggraverait la charge publique, on le sait, l’article 40 le dit. Donc très bien d’avoir pris cette initiative, le débat sur la dette est un sujet politique, hautement politique, et ça permet de sortir un peu des anathèmes sur l’option « annulation de la dette » détenue par la BCE, qui est une option. Evitons, et je crois que c’est fait ce matin, d’opposer les gens sérieux d’un côté aux dangereux démagogues de l’autre. C’est un sujet qui est sur la table et il va falloir en discuter encore longtemps je crois.

J’aurai deux questions.
La première question, je voudrais que mes collègues m’excusent parce que je l’ai déjà posée dans une autre réunion, mais c’est le décalage saisissant entre l’inquiétude de nos citoyens par rapport à cette dette, 88% d’entre eux craignent de devoir payer plus d’impôts dans les années qui viennent pour payer cette dette. Et la très grande quiétude des créanciers qui nous prêtent aujourd’hui, à taux négatif à court terme, taux faible (0,535%) sur 50 ans, donc la confiance est là. Monsieur Requin l’a rappelé.
Comment expliquez ce décalage assez saisissant ?

Deuxième question, on a évoqué le cas du Japon, dont la dette publique est de 240%. Mais je pense qu’on aurait dû rappeler qu’elle est détenue à 95% par les Japonais eux-mêmes, des particuliers et des institutions japonaises. Est-ce qu’il n’y a pas là une réflexion à mener, sur une autre façon de financer les Etats ? Parce que je crois qu’au-delà du sujet de la dette et de sa soutenabilité, c’est la question du financement des Etats qui se pose. Je préférerai être dépendant d’une Banque Centrale que sous tutelle des marchés financiers privés. Merci !

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