Questions au gouvernement

Question orale au Gouvernement

Quelles mesures pour les malades atteints du Covid Long ?

Ce mardi 14 décembre 2021, Michelle Gréaume a adressé une question orale à la Ministre déléguée chargée de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, concernant la prise en charge des patients atteints de Covid long.

Lire le texte de l’intervention

Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Mes cher.e.s collègues,

L’épidémie mondiale de Covid-19 nous a durement touché, tant au niveau humain qu’économique, et l’importance des dégâts qu’elle a occasionnés sont encore sous-estimés.

En effet, outre les formes graves et immédiates d’infection au Sars-Cov-2, qui nécessitent des soins hospitaliers importants et occasionnent une prise en charge à 100% via la reconnaissance d’une Affection de Longue Durée (ALD), une autre forme de Covid affecte les patients à plus long terme : le covid long. D’après les informations de la Haute Autorité de Santé (HAS), il concerne plus de 20% des personnes ayant contracté le coronavirus.

Il touche des patients ayant présenté une forme bénigne de la maladie dans un premier temps, mais qui subissent de lourds symptômes à long terme : troubles cardiaques et/ou respiratoires, fatigue intense, pertes de mémoire… Cela peut aller jusqu’à impacter leur capacité à travailler, avec les conséquences dramatiques que cela implique.

Les médecins s’accordent à dire que pour soigner cette forme de Covid, il est nécessaire d’accéder à une prise en charge rapide et pluridisciplinaire : neurologique, cardiaque, pulmonaire, musculaire et psychologique.

Or, nombreux sont les patients qui voient leur demande d’ALD refusée par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie, au motif qu’ils n’entrent pas dans l’une des trois situations justifiant la prise en charge.

Pendant ce temps, aux Etats-Unis, le Président Biden reconnait le Covid long comme une forme de handicap, et le Royaume-Uni a mis en place une nomenclature adéquate pour permettre sa prise en charge.

Madame la Ministre, quelles mesures comptez-vous prendre pour permettre à ces malades lourdement impactés, eux aussi, par ce virus d’accéder à la meilleure prise en charge possible de leurs soins, à savoir pluridisciplinaire et remboursée à 100% par la Sécurité Sociale ?

Lire la réponse de Mme Brigitte Bourguignon, ministre déléguée auprès du ministre des solidarités et de la santé, chargée de l’autonomie.

Madame la sénatrice Michelle Gréaume, vous appelez mon attention sur le besoin exprimé d’une prise en charge pluridisciplinaire du covid long à 100 %.

La prise en charge des patients souffrant de troubles persistants de la covid-19 constitue l’une de nos priorités, que nous sommes en train d’analyser.

Tout d’abord, on distingue les patients souffrant de symptômes persistants pendant quatre à douze semaines, que l’on qualifie de « covid long » de ceux dont les symptômes persistent après douze semaines, que l’on qualifie de « post-covid ».

Cette définition s’affine avec notre connaissance du virus. En effet, les patients souffrant de troubles post-covid constituent un groupe très hétérogène, difficile à évaluer, puisque les troubles peuvent aller de la simple anosmie à une perte d’autonomie invalidante.

Ayant écouté les recommandations de la HAS, le ministère des solidarités et de la santé a souhaité organiser l’offre de soins, afin d’assurer une prise en charge pluridisciplinaire aux patients.

Cette prise en charge s’articule autour du médecin traitant chargé du repérage, d’éventuelles consultations spécialisées, selon les symptômes, et d’une prise en charge en soins de suite et de réadaptation pour les cas les plus sévères. Des cellules de coordination post-covid ont été mises en place sur l’ensemble du territoire. Elles ont pour objectif d’orienter, d’accompagner et de coordonner les patients et les professionnels. À ce jour, on comptabilise 118 cellules de ce type.

S’agissant de la prise en charge par l’assurance maladie des soins liés aux symptômes « post-covid », elle est à ce jour celle du droit commun, vous avez raison. En effet, les connaissances actuelles sur la pathologie et la diversité des symptômes ne permettent pas d’envisager la création d’une ALD spécifique, faute de définition et de critères précis.

Néanmoins, certains patients sont déjà admis en ALD, soit dans le cadre d’une affection de longue durée figurant sur la liste des trente ALD identifiées – par exemple, en cas d’affections comme la fibrose pulmonaire, les séquelles d’encéphalopathie, ou encore les séquelles d’accident vasculaire cérébral –, soit via une ALD hors liste, dite « ALD 31 ».

À ce titre, plus de 2 200 personnes ont bénéficié de ce dispositif en septembre 2021. Notre connaissance du virus s’améliore au fur et à mesure, et la prise en charge des patients également.

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